Vivre son deuil

Vivre son deuil

Quand un appel de la Police annonce l’irrémédiable… En un instant, la vie bascule.

Comment faire le deuil d’un proche, d’un être aimé ?  Le deuil est un chemin jalonné d’étapes essentielles pour finir par intégrer dans sa vie et dans son être, la présence intime de la personne disparue, tout en continuant le cours de son existence, sans culpabilité ni vécu de trahison.

Même si dans les premières semaines, cela parait totalement impossible, « loin de parler d’oubli ou de tourner la page comme on se le représente habituellement, le deuil porte l’authentique promesse de la préservation du lien avec la personne aimée.»

Le processus peut durer plusieurs mois, voire plusieurs années, comme l’explique Dr Christophe Fauré, psychiatre – psychothérapeute, dans l’article Les quatre étapes du deuil .(ici)

Touchée récemment par la perte accidentelle de mon père, j’en parcours les étapes, accompagnée de la main d’une sœur, de l’épaule d’un époux, de l’étreinte d’une amie. Car ce sont eux  les indispensables témoins de ma peine auxquels je demande beaucoup, écoutant une histoire sans cesse répétée au fil du temps.

Et même si le vécu du deuil est une expérience d’ultime solitude, je sais que nous avons besoin des autres pour être accompagné.

Alors je veux dire merci à ceux et celles qui tolèrent mes silences, qui acceptent mes larmes qui ont besoin de couler et qui ne cherchent pas à les neutraliser par de vaines paroles. Ils m’écoutent et c’est dans la constance de leur présence et de leur écoute qu’ils accompagnent le processus de mon deuil.

Je partage avec vous cette prière amérindienne, hymne à la vie, et pleine de promesses :

« Quand je ne serai plus là, relâchez-moi,
Laissez-moi partir.
Car j’ai tellement de choses à faire et à voir.
Ne pleurez pas en pensant à moi,
Soyez reconnaissants pour les belles années,
Pendant lesquelles je vous ai donné mon amour.
Vous ne pouvez que deviner
Le bonheur que vous m’avez apporté.
Je vous remercie pour l’amour que chacun m’a démontré.

Maintenant, il est temps pour moi de voyager seul.
Pendant un court moment vous pouvez avoir de la peine.
La confiance vous apportera réconfort et consolation.
Nous ne serons séparés que pour quelques temps.

Laissez les souvenirs apaiser votre douleur.
Je ne suis pas loin et la vie continue.
Si vous en avez besoin, appelez-moi et je viendrai.
Même si vous ne pouvez me voir ou me toucher, je sera là,
Et si vous écoutez votre cœur, vous sentirez clairement
La douceur de l’amour que j’apporterai.

Quand il sera temps pour vous de partir,
Je serai là pour vous accueillir,
Absent de mon corps, présent avec Dieu.

N’allez pas sur ma tombe pour pleurer
Je ne suis pas là, je ne dors pas.

Je suis les mille vents qui soufflent,
Je suis le scintillement des cristaux de neige,
Je suis la lumière qui traverse les champs de blé,
Je suis la douce pluie d’automne,
Je suis l’éveil des oiseaux dans le calme du matin,
Je suis l’étoile qui brille dans la nuit.

 
 N’allez pas sur ma tombe pour pleurer
Je ne suis pas là, je ne suis pas mort. »

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