Fini la fatigue avec la marche afghane !

Fini la fatigue avec la marche afghane !

Imaginez un instant des hommes capables de marcher sur une distance de 700 km en 12 jours, sans fatigue excessive. Des hommes, pas des surhommes, des chameliers en transhumance avec leur troupeau de chameaux dans les montagnes et le désert d’Afghanistan !

Cette faculté de marcher sans fatigue n’est pas réservée à ces chameliers ou à une élite de marcheurs aux gros mollets, elle est accessible à toute personne valide. Avec des bienfaits très importants à la clé. La suroxygénation naturelle apportée par la marche afghane, et que l’on peut pratiquer au cours des actes de la vie quotidienne, assure une revitalisation supérieure à celle qui vient d’autres pratiques et ouvre la voie aux domaines illimités de la joie et de la confiance en soi. Avec un retentissement très positif sur notre paix intérieure.

La marche afghane met l’accent sur la synchronisation de la respiration avec le rythme des pas et une allure de marche plus rapide.

Dans notre société, l’importance de la respiration, principale nourriture du corps, a depuis longtemps été négligée. Heureusement, les cours de yoga, tai-chi, chi-gong et autres pratiques remettent la respiration à sa place, autrement dit la première.

La marche afghane peut se pratiquer n’importe où mais il est évident que l’air pur de la campagne ou de la montagne est préférable à celui des villes.

Le rythme de base

Le premier de ces rythmes, l’exercice de base (dit 3-1/3-1), est à expérimenter sur un terrain plat. Marche et respiration doivent être synchronisées de la manière suivante :

– inspirer par le nez sur les 3 premiers pas ;

– garder l’air dans les poumons au 4e pas (apnée à poumons pleins);

– expirer immédiatement après sur les 3 pas suivants (toujours par le nez) ;

– rester poumons vides d’air sur le dernier pas (apnée à poumons vides) ;

Recommencer le cycle de la même façon, aussi longtemps que l’on se sent à l’aise. Durant tout le processus, compter mentalement.

Ce rythme peut être maintenu sans inconvénient sur une distance importante, et même pendant une randonnée.

En pratiquant ainsi, les globules rouges et toutes les cellules du corps reçoivent une quantité d’oxygène bien plus importante, contrairement à d’habitude où nous utilisons une toute petite partie de notre capacité pulmonaire.

D’autres rythmes à intercaler

Pour développer notre capacité thoracique, il est ensuite bon d’intercaler ce rythme de base, que l’on pourrait appeler le refrain, avec d’autres rythmes.

La synchronisation de la marche et de la respiration a lieu de la manière suivante :

-10 fois le rythme de base 3-1/3-1 ;

-passer aussitôt après, 10 fois de suite également, au rythme 4/4/2, avec temps de pause à poumons vides dès la fin de l’expiration. Autrement dit : inspirer sur 4 pas, expirer aussitôt après sur les 4 pas suivants, rester poumons vides sur 2 pas ;

-reprendre le rythme de base.

Ce rythme 4/4/2 est ensuite augmenté au fil des sorties pour aller vers 5/5/2, 6/6/2, 7/7 (pas de rétention à partir de 7), 8/8, toujours avec le rythme 3-1/3-1 intercalé.

(…)

Le paysage défile, la douce sensation de marcher sans effort avec plaisir s’installe en nous. Car cette façon de marcher met aussi le mental au repos et apporte un grand calme intérieur.

Une vraie « douche intérieure »

En bref, la marche afghane permet d’envisager n’importe quelle randonnée le cœur léger et cela pendant longtemps !

Pratiquée de manière consciente, elle est un acte régénérateur, une voie de connaissance de soi. C’est aussi une thérapeutique très puissante, la respiration consciente produisant une véritable douche intérieure, un nettoyage cellulaire salutaire.

Le comptage des pas peut être remplacé par des mots positifs et, là, l’économiste et chercheur Edouard Stiegler, fondateur de la marche afghane, nous fait part de résultats intéressants, notamment avec des personnes dépressives :

« Il est aussi possible de mettre des mots sur les pas de temps en temps, lorsque le besoin s’en fait sentir.

Sur 3/3, plutôt que de se dire que tout va mal, on peut dire : tout va bien.

En marchant ainsi, le niveau de conscience change, le conscient s’efface et laisse passer les messages directement sans jugement au passage.

Sur 4 pas, à l’inspiration et à l’expiration, il est possible d’augmenter la confiance en soi en se disant intérieurement, ou à haute voix : j’ai confiance, j’ai confiance… »

Lorsque le terrain monte et que le rythme utilisé est 2/2, ou bien sur le plat en rythme 4/4, le mantra tout à fait occidental suivant : « instant présent », ou bien « je suis ici ». Lorsque le mental a tendance à nous emmener loin d’où nous sommes, manifester ainsi son désir de rester présent est une aide précieuse.

La présence à l’air qui entre et sort des narines est l’ancrage le plus direct pour rester dans le présent : personne n’a jamais respiré au passé ou dans le futur. En prenant conscience de sa respiration, le marcheur renoue le contact avec l’instant présent.

La présence à ce que nous faisons est source d’énergie. L’obligation douce mais ferme de suivre ses respirations et le nombre de pas est un moyen habile pour vivre cette présence à ce qui est, à la Présence tout court de ce que nous sommes.

Il est tout à fait possible de marcher ainsi simplement pour être moins fatigué, pour mieux respirer, pour être plus détendu. Simplement, il ne faudrait pas ramener l’association marche afghane/marche consciente à une technique pour se calmer, se régénérer ou marcher un peu plus consciemment, alors qu’elle est bien plus que cela. Le marcheur peut devenir conscient de l’enjeu qui est de faire un pas de plus vers la part éternelle de lui-même !

Cette réalité est notre essence mais nous en sommes exilés et, par la pleine conscience dans la marche, nous revenons à notre origine.

Plus qu’une méditation !

La marche afghane est donc avant tout une forme de méditation à part entière, tout à fait adaptée aux Occidentaux, peu habitués à une assise immobile.

Cela nous permet d’aller à la rencontre de ce que nous sommes vraiment, au-delà de toute identification erronée à un personnage sans cesse changeant. Partant de la marche, nous arrivons très vite dans un autre lieu qui est l’immobilité intérieure.

Marcher ainsi nous met en contact avec cette partie de nous immobile, éternelle, non née, le Soi. Nous avons traversé le désert et le désert nous a traversés ! La transparence de l’être s’est révélée et à chaque pas nous marchons comme une feuille morte tombée de l’arbre et que le vent emporte sans savoir si c’est le vent qui nous porte ou si nous portons le vent !

Soyons étonnés par la force de la simplicité de la marche afghane : pas de techniques compliquées, simplement l’attention au présent, à la Vie, libre du passé et du futur. Cette simplicité dans la marche se diffuse alors dans le quotidien : la vais- selle devient vaisselle consciente et apporte la même Présence, le même Amour de l’action unifiée, la même Joie. Le souffle devient Souffle de Vie, inspirant le nouveau, rejetant l’ancien comme disent les taoïstes.

Danilo Zanin, accompagnateur en montagne, guide de randonnées méditatives, créateur de « l’Art de marcher », président de l’Ecole de la marche, auteur du livre Je marche donc je suis (éd. Mango).

Site : www.marche-consciente.com

Vous pouvez retrouver l’intégralité de cet article dans le mensuel Biocontact n° 291 de juin 2018.

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