Les deux souris

Les deux souris

Sous le soleil voilé de sable marche une tribu de souris. Dure chaleur. Le museau bas, elles prient pour que leur vienne un puits. Au soir (ciel pâle, soleil rouge) enfin, au loin, quelques palmiers, des buissons épars. Le point d’eau. En désordre elles se précipitent, plongent leurs outres au fond du trou, s’abreuvent, s’enivrent de vie. Deux jeunes folles veulent plus : un bain, sous la lune naissante. Elles plongent, en piaillant, dans le puits. Elles barbotent, elles rient, elles appellent :

 —  Remontez-nous ! Lire la suite

Yamamba

Yamamba

Il était une fois… deux moines, qui s’en allaient rejoindre leur couvent près d’Edo. Ils avaient été retardés par un couple de paysans, qui leur avait demandé de bénir leur fils nouveau-né, et leur maison, et le troupeau. Ils avaient bu par politesse, et charité de cœur, une ou deux coupes de saké. Maintenant, ils se mouvaient à la lisière de la forêt, et déjà la nuit tombait.

Or, l’un des deux moines était aveugle et son compagnon le guidait :

« Ne crains rien, Djiro ! dit le moine éclaireur, nous allons devoir traverser la forêt, où vivent, selon les légendes, monstres et sorcières, mais j’ouvre l’œil, et je te protégerai contre tous les dangers. »

Et il ajouta, d’une voix qu’il raffermissait : « Tiens mon bras, et avançons hardiment ! » Lire la suite

Le bonheur

Le bonheur

Aujourd’hui, le soleil est de la partie et même s’il se cache parfois, je suis d’humeur joyeuse et je ne peux résister au plaisir de partager avec vous ce joli texte sur le bonheur de Jean Villard, repéré sur le site dédié à la poésie, Arbrealettres.

Il a été écrit tant de chose sur le bonheur, mais comme le chante le poète, « le bonheur est chose légère… »

Alors, place à la légèreté !

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Celui qui cherche un sens à sa vie

Celui qui cherche un sens à sa vie

Trouver le sens de sa vie, grande question qui nous concerne tous . Quant à moi, j’ai trouvé ma réponse dans ce poème de Jean Lavoué, déniché sur le beau site dédié à la poésie, Arbrealettres,

Celui qui cherche un sens à sa vie

Ne sait pas que la vie, dans sa profusion même, est le sens. Lire la suite
Le bon régime

Le bon régime

Il est vrai que de temps en temps, et même assez souvent, quand le monde devient difficile à comprendre et que nous avons une grande peine à l’admettre, à le dominer, à nous y adapter, le rire est une arme suprême qui offre à la fois le refuge de la dérision et cette évidence, cette plénitude, qui est l’apanage des êtres sains.

Comme les médecins disent, en outre, que le rire est bon pour la santé et que les temps sont aux agapes en cette fin d’année, je vous propose cette histoire de régime qui m’a fait rire et que j’ai empruntée au savoureux livre de Jean-Claude Carrière, Le cercle des menteurs. Lire la suite

La gelée

La gelée

Il fait froid ce matin et les arbres de mon jardin ont accroché de la dentelle à leurs branches.

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La paix chez soi

La paix chez soi

Cet homme-là va voir le sorcier du pays.

–  J’étouffe, lui dit-il. Vous seul pouvez m’aider. Ma femme est acariâtre, j’ai six petits garçons, et ma maison est minuscule. Une pièce unique pour huit, et ça crie, et ça se chamaille. Je ne supporte plus ma vie.

–  As-tu un chien, un gros ? demande le sorcier. Fais-lui une place chez toi. Lire la suite

Mariage

Mariage

Une dame taupe, un beau jour, se sentant des cha­leurs partout, se mit en quête d’un époux.

« Mais je ne me donnerai pas à n’importe qui, se dit-elle. Je veux du haut, très haut placé. » Elle était fière, un peu pimbêche.

Elle alla s’offrir au soleil. Il la reçut cour­toisement, lui dit qu’il était honoré. Lire la suite

Le vagabond et le jardinier

Le vagabond et le jardinier

Un vagabond, sur son chemin, rencontre un vieillard occupé à planter devant sa maison quel­ques rejetons d’olivier. Il lui dit, rieur :

– Hé, bonhomme, crois-tu vivre assez vieux pour voir ces pousses-là te faire un jour de l’ombre ?

– Je fais, lui répond l’autre, mon travail de tou­jours, comme si j’avais devant moi une éternité d’oliviers. Lire la suite

L’arbre

L’arbre

À l’époque où notre monde n’était pas hérissé de tours, on disait que les arbres étaient les piliers du ciel. On contait aussi qu’aux premiers temps, Dieu vivait à portée de voix humaine. Il suffisait de lever le bras pour le toucher. Après le repas, les hommes s’essuyaient les mains sur le ciel, et il arrivait aux pileuses de mil, si elles levaient trop haut leur pilon au-dessus de leur chevelure, de chatouiller les pieds de Dieu. Lire la suite